L’existence d’un moulin à cet endroit est établie dès 1464 dans le cadre d’un recensement royal dans le Vivarais. Le moulin est alors détenu en indivision par Gilles de la Chèze et Jacques de Chabannes (source : Colette Véron). Quatre siècles plus tard, sur le cadastre de 1840, on retrouve le moulin le long de la Dorne :

Marie Coulaud, des Nonières et mariée à Augustin Bosméas, en est alors propriétaire. Le 4 mars 1857 le moulin (« à blé et à huile ») est vendu à Célestin Fraysse qui l’exploite et le revend le 25 mars 1873 à Jacques Dallard. Né à Saint Martial, il a alors 41 ans. En 1874[1], Jacques Dallard fait construire un moulinage[2] constitué d’ouvrages et de bâtiments tels que nous les connaissons aujourd’hui. Initialement, l’eau de la Dorne est captée 150 de mètres en amont (au sud vers la Chèze) et canalisée vers la roue. Moulinier en soie, Jacques Dallard habite alors au 156 rue Cuvier quartier des Brotteaux à Lyon. Soit à l’époque à plusieurs heures de route de la Chèze.

En 1903, Jacques Dallard, qui a alors 70 ans, vend le moulinage à Joseph Ugnon, notaire. Marie-Antoinette, sa fille, en hérite et se marie à Rémy Martin, également notaire au Cheylard.
En 1919, par un bail en date du 9 mai, Joseph Laurent, industriel habitant La Sône en Isère, devient fermier du moulinage de la Chèze.
Le 4 décembre 1925, Joseph Laurent rachète le moulinage. A partir de cette date, il n’y aura plus d’affermage, les contremaîtres successifs étant des salariés.
1938 : décès de Joseph Laurent. René Montazel, son gendre, marié à Marie-Thérèse sa fille unique, reprend la direction des affaires, y compris celle du moulinage de la Chèze. Son nom apparaît dans le registre des commandes (« remis à René Montazel »). Il décédera en 1988.
En 1959/1960, le moulinage arrête son activité.
En juin 1968, Marie-Thérèse Laurent vend le moulinage à Maurice Pagat (pour 26 300 francs soit l’équivalent de trente mille euros 2021).
En 1969, Maurice Pagat revend le moulinage à Marie-Joëlle et Pascal Tesson. Il est depuis resté dans la famille. Si la suite de l’histoire a prouvé que Maurice Pagat avait une vraie passion pour la préservation des bâtiments, il essayait dans les années 60 d’en retirer un certain profit en cherchant des plus-values rapides pour subvenir à ses besoins.
[1] Source : Bernard Duprat / Ecole d’Architecture de Lyon.










